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Ce blog est destiné aux associations (et entreprises) françaises et de culture moyen-orientales, aux artistes souhaitant recevoir des conseils en matière de gestion, d'organisation, de demandes de subventions, etc... hors activités politiques et cultuelles, et souhaitant faire connaître leurs activités en France, en Turquie et dans les pays du moyen-orient.

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TURQUIE: DEVELOPPEMENT DURABLE – Mazars Denge, une garantie contre le “greenwashing”

Mazars Denge, fruit d’une fusion entre la société Denge, fondée en 1977 par Leon Coşkun, et le cabinet de conseil financier français Mazars, s’intéresse de près au développement durable. Tina Ly, Française installée à Istanbul, fait partie de l’équipe spécialisée dans ce domaine. Elle nous parle de son métier et du développement durable dans les entreprises turques.

Lepetitjournal.com d’Istanbul : En matière de développement durable, Mazars Denge insiste sur le concept de “responsabilité sociale des entreprises”. De quoi s’agit-il ?
Tina Ly
(avec İzel Levi Coşkun, phot MD): Il y a trois aspects au développement durable : environnemental, économique et social. On a tendance à oublier le troisième au détriment du premier. La responsabilité sociale ou sociétale englobe des initiatives que les entreprises peuvent accomplir dans le domaine du développement durable, notamment mais pas uniquement des dons à des associations. Autres exemples : améliorer les conditions de travail de son personnel ou essayer de produire en réduisant l’impact sur l’environnement.

De quelle manière Mazars Denge intervient-il auprès de ses clients ?
Le développement durable est un pan du département conseil lancé depuis janvier 2012, au sein duquel nous offrons des services aux entreprises souhaitant améliorer leur procédures et des services d’audit interne. Une équipe a donc été formée. J’ai été envoyée en Indonésie parce que Mazars Indonésie, justement, est spécialisé en développement durable. En plus de cela, je suis allée à toutes les formations possibles pour obtenir des certifications. Je suis la première personne de Turquie à être "associate certified sustainability assurance practitioner". Cela veut dire que je peux assurer les rapports de développement durable des entreprises.

À quels rapports faites-vous allusion ?
Concrètement, certaines entreprises doivent communiquer sur leurs initiatives dans le domaine du développement durable parce que, par exemple, elles ont signé le Pacte mondial des Nations Unies. Quand une entreprise ou une organisation y participe, elle s’engage à communiquer chaque année sur les initiatives qu’elle a lancées dans ce domaine. Certaines entreprises, qui ne participent pas au pacte, publient tout de même un rapport sur le développement durable.

Pourquoi les entreprises qui s’engagent font-elles appel à des cabinets comme le vôtre ?
Le but est d’éviter ce qu’on appelle en anglais le “greenwashing” (en français “écoblanchiment”, ce procédé marketing est utilisé par certaines organisations dans le but de se donner une image écologique responsable pas forcément conforme à la réalité, NDLR). Les entreprises cherchent à prouver que ce qu’elles ont écrit dans leur rapport est vrai, pour gagner en légitimité et en crédibilité. Elles font donc appel à une tierce partie qui donne une assurance, qui garantit la véracité de ce qui est déclaré. Cela fonctionne sur le même principe qu’une équipe d’audit qui viendrait donner son avis sur des rapports financiers. Là, il s’agit d’une sorte d’audit du rapport de développement durable de l’entreprise. Nous n'avons pas encore fourni de services liés à l'assurance des rapports mais c'est quelque chose que nous souhaitons developper. Autre exemple concret de ce que nous faisons : les producteurs de pneus en Turquie sont tenus de recycler au moins 50% de leur production, sous peine de pénalités. Nous contrôlons que les entreprises qui se sont engagées respectent bien le quota imposé.

Le développement durable reste malgré tout un concept peu mis en avant en Turquie, aussi bien par les politiques qu’au sein de la société. Qu’en est-il des entreprises ?
Disons que le démarrage est assez timide mais que cela commence à se développer. Environ 8.000 entreprises dans le monde participent au Pacte de l’ONU et parmi elles, on compte entre 200 et 220 organisations turques. Le nombre d’entreprises qui publient des rapports de développement durable augmente, même si ce sont souvent de gros groupes. On attend aussi la sortie du Istanbul Stock Exchange Sustainability Index. Il y a donc une certaine prise de conscience et on espère qu’elle s’étendra progressivement aux petites et moyennes entreprises (PME).

Pourquoi Mazars Denge s’investit-il dans ce domaine ? Est-ce devenu un aspect incontournable de votre métier ?
Oui mais il y a d’abord le fait qu’Izel Levi Coşkun, CEO de Mazars Denge, tient beaucoup à ce thème, puisque c’est son sujet de thèse. Il voit le développement durable comme un facteur de valeur pour les entreprises. Nous sommes très investis dans ce domaine et supportons plusieurs fondations et ONG (Buğday, Endeavor...). Par exemple, à l’occasion de la semaine mondiale de l’entreprenariat qui a eu lieu début novembre (12-18), nous avons donné un séminaire en partenariat avec TÜGIAD (Association des jeunes hommes d'affaires de Turquie) sur l’entreprenariat durable. L’un des principaux objectifs était de sensibiliser davantage le public sur le sujet du développement durable. Autre exemple, au lycée professionnel de Kağıthane, nous avons ouvert une classe où nous donnons des cours de comptabilité sur ordinateur aux élèves du lycée. Par ailleurs, depuis plus de 10 ans maintenant, nous plantons des arbres avec la fondation Çekül pour tous nos employés, pour leur souhaiter bon rétablissement en cas d’hospitalisation ou souhaiter nos meilleurs vœux à l’occasion de leur mariage ou autres célébrations type anniversaire.

Est-ce que Mazars Denge applique ses principes ? Est-ce que, par exemple, vous mesurez votre empreinte carbone ?
C’est l’un de nos objectifs ! Nous faisons déjà attention à limiter l’usage du papier, qui est pourtant indispensable dans notre métier où il faut tout documenter. Nous veillons à éteindre les lumières dès que nous quittons une pièce… Mazars Denge ne fait pas de “greenwashing” (rires).

Propos recueillis par Meriem Draman (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) mardi 27 novembre 2012

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